Démarche

Je conçois et réalise mes œuvres comme des incarnations d’images mentales ou métaphysiques, j’emploie à dessein le terme d’incarnation plutôt que de représentation car j’ai toujours besoin d’un matériau ou d’un point de départ qui a une réalité forte, une existence physique et symbolique intrinsèque tel que du sang, des restes de forêts incendiées, de l’os, des déchets industriels ou issus de destructions, des restes d’animaux…

Mes thématiques récurrentes se déploient dans les méandres de l’inconscient collectif, j’essaie d’en extraire des fissures et les étends en espaces poétiques. Les peurs et les blessures humaines ont quelque chose de sublime quand elles acceptent une transmutation.

J’aime manier l’antagonisme, il permet un angle de perception plus ouvert, on peut ainsi traverser la beauté d’une image ou d’un objet et se laisser couler vers le néant par exemple. La finesse, la précision d’un dessin demande un rapprochement qui peut alors faire basculer dans la brutalité d’un miroir symbolique qui renvoie l’image d’une partie inacceptable de soi… La quête du vertige, du renversement, de la traversée des apparences, voilà ce qui anime mon travail.

J’essaie de produire des visions, à la fois les plus épurées possibles, et qui ouvrent sur des sensations complexes mais qui ont l’allure d’évidences. Pour moi, l’œuvre doit vraiment être un espace de projection et dans cet élan, une part insoupçonnée doit surgir.

Aussi, que ce soit en sculpture ou en dessin, je tends à réduire les traces de mon intervention, comme si l’objet (ou l’image) existait par lui même.

Parcours

Après un bac littéraire histoire des arts/arts plastiques, j’intègre en 1999 l’école des beaux arts de Poitiers. Ces cinq années de formation artistique me permettent d’acquérir une base de savoirs théoriques encrée dans une pratique diversifiée des différentes formes d’expression artistique.

Après mon diplôme (DNSEP) j’entre en tant que moniteur pédagogique au musée d’art contemporain du château d’Oiron. Les choix d’une pédagogie empirique empreinte de liberté instaurés en ces lieux permettent aux enfants d’exprimer pleinement toute la radicalité et l’immédiateté avec laquelle ils entrent en contact avec les œuvres. Cette approche décomplexée ouvre les portes d’une exigence intellectuelle et sensitive sur l’imaginaire souvent inattendue. Cette expérience sera déterminante dans ma façon d’appréhender le monde de l’art.

S’ensuit une période de création dans le domaine de la scénographie, ce qui confirme mon goût pour le travail de l’espace, de l’objet et de la construction fictionnelle. Je découvre L’association La Source (fondée par Gérard GAROUSTE) en 2010 et intègre l’équipe pédagogique pendant deux ans. Je fais ensuite le choix de me consacrer le plus possible à mon travail de création, j’effectue alors plusieurs résidences de création et reviens vers La Source, cette fois en tant qu’artiste. Mon parcours s’enrichit de quelques expositions et je partage le plus clair de mon temps entre la transmission pédagogique et la création.